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Biographies de numismates
Ernest Babelon (1854-1924)
(4 votes)


Ernest Charles François BABELON


Il naît à Sarrey le 7 novembre 1854. Après des études au Petit Séminaire de Langres, il entre à l'école des Chartes de Paris où il
sort avec le diplôme d'archiviste paléographe. Attaché au Cabinet des médailles de la Bibliothèque Nationale, il s'intéresse à la numismatique et à l'archéologie. Parallèlement il apprend l'assyrien, l'hébreu et le phénicien. En 1883 il part en Tunisie étudier la topographie de Carthage, d'où il rapporte de nombreuses statues et inscriptions. Nommé Conservateur du Cabinet des Médailles en 1892 et professeur au Collège de France, il devient membre de l'Académie des inscriptions et belles lettres en 1897. Il décédera à Paris le 3 janvier 1924. Il eut quatre enfants: Pierre, ingénieur civil des mines; Jean, conservateur en chef du Cabinet des Médailles, numismate, historien, écrivain d'art; Geneviève; André, consul de France à Genève, qui fait publier les «lettres à Sophie Volland de Diderot»

Parmi les ouvrages qu'écrivit Ernest Babelon, on trouve: Descriptions historiques et chronologiques des monnaies de la république romaine (1885-1887); le Cabinet des antiquités à la Bibliothèque Nationale (1887-1889); La gravure en pierres fines, camées et intailles (1894); catalogue des monnaies grecques de la Bibliothèque Nationale (1893); le trésor d'argenterie de Berthonville (1914); le Rhin dans l'histoire (1916-1917); Sarrebrück et Sarrelouis (1918); Le tombeau du roi Childéric et les origines de l'orfèverie cloisonnée (1921).

Voici la notice biographique qui lui est consacrée par la Bibliohtèque Nationale de France :

Né le 7 novembre 1854 à Sarrey (Haute-Marne), mort à Paris le 3 janvier 1924. Après des études secondaires à Langres, Ernest Babelon intègre l'École des Chartes. Il en sort le 21 janvier 1878 pour entrer à la Bibliothèque Nationale le 16 mars de la même année. Conservateur-adjoint du Cabinet des médailles en 1890, il succède à Lavoix en 1892 et en assumera la direction jusqu'à sa mort en 1924. Membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1897, professeur au Collège de France depuis 1902 où il occupe la chaire de numismatique antique et médiévale, directeur de la Revue Numismatique, il laisse une œuvre monumentale dont on détachera le Recueil général des monnaies grecques de l'Asie Mineure ou le Traité des monnaies grecques et romaines qu'il ne put achever. Sous sa direction, le Cabinet des médailles s'installa en 1917 dans les locaux qu'il occupe actuellement, dont la construction, poursuivie pendant près de trente ans par l'architecte Pascal, se trouva enfin terminée à cette date.

Institut de France. Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Funérailles de M. Ernest Babelon, membre de l’Académie. Le lundi 7 janvier 1924. Discours de M. le Cte François Delaborde, président de l’Académie, Paris, Institut, 1924, 24 p. ; A. David Le Suffleur, Ernest Babelon 1854-1924, Revista italiana de numismatica 1924, p. 7-15 ; Id., Ernest Babelon (1854-1924), Aréthuse 1924, p. 113-140 ; Adrien Blanchet, Nécrologie, Journal des Savants 1924, p. 31-32 ; Id., Obituary, The Numismatic chronicle 1924, p. 111-112 ; A. Dieudonné, L’œuvre numismatique d’Ernest Babelon (1854-1924), Revue numismatique 1924, p. 145-204.

*

Né le 7 novembre 1854 à Sarrey (Haute-Marne), mort à Paris le 3 janvier 1924.
Après des études secondaires à Langres, Ernest Babelon intègre l'École des
Chartes. Il en sort le 21 janvier 1878 pour entrer à la Bibliothèque Nationale le
16 mars de la même année. Conservateur-adjoint du Cabinet des médailles en
1890, il succède à Lavoix en 1892 et en assumera la direction jusqu'à sa mort en
1924. Membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1897,
professeur au Collège de France depuis 1902 où il occupe la chaire de
numismatique antique et médiévale, directeur de la Revue Numismatique, il laisse
une œuvre monumentale dont on détachera le Recueil général des monnaies grecques
de l'Asie Mineure ou le Traité des monnaies grecques et romaines qu'il ne put achever.
Sous sa direction, le Cabinet des médailles s'installa en 1917 dans les locaux qu'il
occupe actuellement, dont la construction, poursuivie pendant près de trente ans
par l'architecte Pascal, se trouva enfin terminée à cette date.
Institut de France. Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Funérailles de M. Ernest
Babelon, membre de l’Académie. Le lundi 7 janvier 1924. Discours de M. le C

te
François Delaborde, président de l’Académie, Paris, Institut, 1924, 24 p. ; A.
David Le Suffleur, Ernest Babelon 1854-1924, Revista italiana de numismatica
1924, p. 7-15 ; Id., Ernest Babelon (1854-1924), Aréthuse 1924, p. 113-140 ;
Adrien Blanchet, Nécrologie, Journal des Savants 1924, p. 31-32 ; Id., Obituary,
The Numismatic chronicle 1924, p. 111-112 ; A. Dieudonné, L’œuvre
numismatique d’Ernest Babelon (1854-1924), Revue numismatique 1924, p. 145-
204.

10
XX
e
siècle
Adolphe Dieudonné
Né le 31 janvier 1868, mort à Paris le 4 juin 1945
Adolphe Dieudonné passa quarante et un ans de sa vie au Cabinet des médailles
avant de prendre sa retraite en 1937. Il retrace ces années dans un article publié
en 1939 dans la Revue Numismatique : « Quarante et un ans au Cabinet des
Médailles et Antiques de la Bibliothèque Nationale ». Au début de sa carrière, il
s'intéressa au monnayage antique et il n'abandonna jamais ce champ de
recherche. Mais il était médiéviste de formation et il entreprit la publication du
Catalogue des monnaies françaises de la Bibliothèque Nationale. On lui doit deux
tomes de cette belle entreprise (Les monnaies capétiennes, ou royales françaises. I,
1923 ; II, 1932) ainsi que le tome IV du Manuel de numismatique française.
Monnaies féodales françaises, 1936). En 1924, il avait pris la direction du Cabinet,
succédant à Ernest Babelon. Il mourut en 1945, victime d'un accident de la
circulation. Sa bibliographie est impressionnante (plus de cent cinquante livres et
articles; quatre cents notices) et sa contribution à la numismatique française
demeure essentielle.
Hommages rendus le 24 février 1938 à M. Adolphe Dieudonné conservateur du Cabinet
des médailles (1924-1937), s.l., 1938 ; Jean Babelon, Revue Numismatique 1944-
1945, p. 201-202
Jean Babelon

11
Né le 19 janvier 1889, mort le 20 avril 1978
Jean Babelon a vécu toute sa vie professionnelle au Cabinet des médailles.
Attaché-stagiaire dans le département dirigé par son père, il y devenait
bibliothécaire après la première guerre mondiale, puis, en 1924, conservateur-
adjoint, auprès d'Adolphe Dieudonné qui succédait à Ernest Babelon. En 1937,
il prenait la tête du département qu'il devait diriger jusqu'en 1961. Sous sa
direction se tint à Paris le 5
e
Congrès international de Numismatique, dont il
assuma la présidence. Dans son ample bibliographie, parue en 1978 dans la
Revue Numismatique et qui s'étend sur soixante-six années, voisinent ouvrages de
numismatique (le Catalogue de monnaies grecques de la collection de Luynes, paru en
4 volumes de 1924 à 1936, le catalogue de la Collection de monnaies et médailles de
M. Carlos de Beistegui publié en 1934) et travaux témoignant de son goût pour
l'art et la littérature espagnols (il avait, de 1910 à 1913, été membre de l'Institut
des Hautes Études Hispaniques).
Hélène Nicolet-Pierre, Jean Babelon 1889-1978, Revue Numismatique 1978, p. 7-
32 (la bibliographie de Jean Babelon, p. 9-32, est l'œuvre de Jean-Pierre
Babelon).
Georges Le Rider
Né le 27 janvier 1928 à Saint-Hernin (Finistère)
Après des études secondaires au Lycée La Tour d'Auvergne de Quimper,
Georges Le Rider prépara le concours d'entrée à l'École Normale Supérieure au
Lycée Louis-Le-Grand. Reçu à l'ENS en 1948, il passa l'agrégation de lettres
classiques avant de partir à Athènes en décembre 1952 en qualité de membre de
l'École française d'archéologie. En septembre 1955, il s'embarquait pour
Beyrouth où Henri Seyrig l'accueillit à l'Institut français. De retour à Paris en
1958, il entrait comme conservateur au Cabinet des médailles le 1
er
octobre
1958, avec la perspective de succéder à Jean Babelon en 1961. Sous sa direction,
le Cabinet reçut de superbes donations (les collections Claudius Côte, Jean et
Marie Delepierre) et put acquérir une partie de la collection Seyrig. Il obtint que
soit rénové le Musée du Cabinet, qu'il eut la satisfaction d'inaugurer au début de
1981, en qualité d'Administrateur général de la Bibliothèque Nationale, poste où
il avait été nommé en juillet 1975. De 1981 à 1984, il dirigea l'Institut français
d'études anatoliennes. De retour à Paris, il entra à l'Université de Paris IV tout en

12
poursuivant son enseignement à l'École Pratique des Hautes Études où il avait
été élu directeur d'études dès 1964. Membre de l'Académie des Inscriptions et
Belles-Lettres en 1989, il donnait le 9 mars 1994 sa leçon inaugurale au Collège
de France, à la chaire d'histoire économique et monétaire de l'Orient
hellénistique.
Des Travaux de numismatique grecque (éd. Michel Amandry, Silvia Hurter et
Denyse Bérend) lui ont été offerts en 1999. La même année, ses écrits 1958-
1998 ont été rassemblés en trois volumes sous le titre Études d'histoire monétaire et
financière du monde grec (éd. Eleni Papaefthymiou, François de Callataÿ et
François Queyrel).
Hélène Nicolet, née Pierre
Née le 19 septembre 1930 au Havre (Seine-Maritime).
Ancienne élève de l'École Normale Supérieure, professeur agrégée de Lettres en
1953, Hélène Nicolet enseigne dans le secondaire de 1953 à 1961. Elle
interrompt alors sa carrière pour préparer le Diplôme supérieur des
bibliothèques, qu’elle passe avec succès en 1962 et est admise en octobre de la
même année au concours ouvert pour le recrutement de bibliothécaires. C’est
ainsi qu’elle entre à la Bibliothèque Nationale en 1962, au département des
Entrées. Elle rejoint en 1966 le Cabinet des médailles, au moment de l'entrée de
la collection Jean et Marie Delepierre dans les collections nationales. En 1976,
elle succède à Georges Le Rider à la tête du département, poste qu'elle occupa
jusqu'à fin 1987. C'est sous sa direction que fut réalisée la transformation du
Musée, inauguré début 1981.
Cécile Morrisson
Née le 16 juin 1940 à Dinan (Côtes d’Armor).
Ancienne élève de l'Ecole normale supérieure, agrégée d'histoire, directeur de
recherches au CNRS, directeur du département des Monnaies, Médailles et
Antiques de la Bibliothèque nationale de France du 1
er
janvier 1988 au 31
décembre 1990. De 1991 à 1997, elle a présidé la Commission Internationale de
Numismatique. Cécile Morrisson est l’auteur de nombreux travaux de
numismatique, d’histoire monétaire et d’histoire byzantine.

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Chronologie
Gardes spéciaux
1608-1610
Rascas de Bagaris
1644-1664
Jean de Chaumont
1661-1666
Abbé Breunot
1667-1683
P. de Carcavy
1683-1689
P. Rainssant
1689-1712
Oudinet
1712-1719
Simon
Gardes et conservateurs
1719-1754
Claude Gros de Boze
1754-1795
Abbé Jean-Jacques Barthélemy
1795-1799
André Barthélemy de Courcay
1795-1818
Aubin-Louis Millin de Grandmaison
1799-1830
François-Pascal-Joseph Gosselin
1832-1840
Antoine-Jean Letronne
1818-1848
Désiré Raoul-Rochette
1840-1859
Charles Lenormant
1859-1890
Pierre-Marie-Anatole Chabouillet
1890-1892
Henri-Michel Lavoix
1892-1924
Ernest Babelon
1924-1937
Adolphe Dieudonné
1937-1961
Jean Babelon
1961-1975
Georges Le Rider
1976-1987
Hélène Nicolet
1988-1990
Cécile Morrisson
1991-
Michel Amandry
Ce dossier a été réalisé par Michel Amandry, directeur du département des
Monnaies, médailles et antiques. Secrétariat d’édition : Odile Faliu, conservateur
en chef à la direction des collections.
Paris, Bibliothèque nationale de France, 2005.

De ce grand numismate français on peut consulter l'ouvrage "Numismatique d'Edesse en Mésopotamie", 1904, sur le site i-numis; sur ce même site, on pourra aussi consulter le passionnant article "Moneta", paru dans les "Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres", 1913. On peut aussi consulter en ligne son ouvrage sur " La gravure en pierres fines, camées et intailles" (1894), qui est publié en mode image sur Gallica.

*

Pour conclure, on peut insérer ici la notice biographique écrite par Michel Amandry, actuel directeur du Cabinet des Médailles de la BNF, au sujet d'Ernest Babelon :

"Né le 7 novembre 1854 à Sarrey (Haute-Marne), mort à Paris le 3 janvier 1924.
Après des études secondaires à Langres, Ernest Babelon intègre l'École des Chartes. Il en sort le 21 janvier 1878 pour entrer à la Bibliothèque Nationale le 16 mars de la même année. Conservateur-adjoint du Cabinet des médailles en 1890, il succède à Lavoix en 1892 et en assumera la direction jusqu'à sa mort en 1924. Membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1897, professeur au Collège de France depuis 1902 où il occupe la chaire de numismatique antique et médiévale, directeur de la Revue Numismatique, il laisse une œuvre monumentale dont on détachera le Recueil général des monnaies grecques de l'Asie Mineure ou le Traité des monnaies grecques et romaines qu'il ne put achever. Sous sa direction, le Cabinet des médailles s'installa en 1917 dans les locaux qu'il occupe actuellement, dont la construction, poursuivie pendant près de trente ans par l'architecte Pascal, se trouva enfin terminée à cette date.
Institut de France. Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Funérailles de M. Ernest Babelon, membre de l'Académie. Le lundi 7 janvier 1924. Discours de M. le Cte François Delaborde, président de l'Académie, Paris, Institut, 1924, 24 p. ; A. David Le Suffleur, Ernest Babelon 1854-1924, Revista italiana de numismatica 1924, p. 7-15 ; Id., Ernest Babelon (1854-1924), Aréthuse 1924, p. 113-140 ; Adrien Blanchet, Nécrologie, Journal des Savants 1924, p. 31-32 ; Id., Obituary, The Numismatic chronicle 1924, p. 111-112 ; A. Dieudonné, L'œuvre numismatique d'Ernest Babelon (1854-1924), Revue numismatique 1924, p. 145-204."
Source : BNF Cabinet des Médailles
Dernière mise à jour : ( 25-04-2009 )
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Joseph Pellerin (1684-1782)
(8 votes)

Joseph Pellerin (1684-1782) intendant-général des Armées Navales françaises, premier commis de laJopeh Pellerin examinant ses pièces à 96 ans marine et connu aussi pour sa passion et ses études numismatiques. Pellerin est né à Marly, près de Versailles, le 27 avril 1684 et il est mort le 30 août 1782 dans son château de Plainville en Picardie.


Jeunesse et carrière de Joseph Pellerin
Au cours de sa jeunesse, ses principales études ont porté sur les langues modernes et classiques, dont le Français, l'Anglais, l'Espagnol, l'Italien, l'Arabe, le Latin, le Grec, l'Hébreu et le Syrien ainsi que d'autres langues, et c'est grâce à sa maîtrise de ces langues qu'il dut son admission dans la Marine en tant qu'officier en 1706; il fut employé au Ministère de la Marine pour les traductions et les correspondances avec l'étranger. En 1709, il réussit à décoder des lettres d'une frégate espagnole concernant l'archiduc Charles d'Autriche, un des prétendants au trône d'Espagne, l'autre prétendant étant le Duc d'Anjou, neveu de Louis XIV. Ce fut la cause du début de la Guerre de Succession d'Espagne. Par son travail, Pellerin attira l'attention du Ministre de la Marine, Pontchartrain qui le nomma secrétaire de son cabinet.
Il obtint la même faveur sous les ministres suivants : sous le fils légitimé de Louis XIV, le Comte de Toulouse, il fut nommé Commissaire de la Marine en 1718, et Maurepas l'éleva au grade de Commissaire Général, puis de Premier Commissaire. Ses plans d'invasion détaillés de l'Angleterre ne furent pas mis à exécution par Louis XV.
Après une brillante carrière il prit sa retraite très tôt en 1745 en raison de problèmes de santé liés à des surcharges de travail. Cependant, il resta un expert de grande valeur et fut consulté pendant plusieurs années après sa retraite.

Le pionnier de la numismatique
Jopeph Pellerin fut alors libre de suivre sa vraie passion, qui était l'étude des monnaies anciennes (principalement les monnaies grecques). Il avait l'habitude de demander aux marins français de la flotte de Méditerranée de lui rapporter les monnaies qu'ils pourraient trouver; il leur garantissait qu'il les leur rachèterait au double du prix payé.

Dernière mise à jour : ( 02-09-2008 )
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Jean-Foi Vaillant, numismate du Roi Soleil
(16 votes)

Louis XIV, grand amateur d'art, fut aussi à sa façon un roi numismate. Pour constituer des collections dignes de la France, le Roi Soleil s'est appuyé sur un vaste réseau d'hommes de lettres, d'émissaires et d'ambassadeurs. L'un d'entre eux s'est particulièrement distingué : il s'agit de Jean-Foi Vaillant, numismate Picard né en 1632 dont nous nous proposons de retracer sommairement le parcours.

Louis XIV fut un grand protecteur des sciences des lettres et des arts. Bossuet, Molière, Corneille, Racine ou encore Jean de La Fontaine comptent parmi les noms les plus célèbres du "siècle de Louis XIV". On doit à ce monarque mécène de maginifiques réalisations architecturales, telles que la colonnade du Louvre ou le dôme des Invalides, mais aussi d'exceptionnels tableaux de Lebrun ou Lesueur, ou encore les jardins de Lenôtre. Louis XIV fonda, en peu d'années, l'Académie de peinture et de sculpture (1648), celle des inscriptions et belles-lettres (1663), ainsi que celle des sciences (1666). Le Roi Soleil auquel aucun domaine artistique n'était indifférent, ne recula devant aucun sacrifice pour accroître ses collections de monnaies antiques. Dès son plus jeune âge en effet Louis XIV a été initié à la numismatique par le célèbre graveur Jean Warin; un tableau de la Monnaie de Paris les représente tous les deux alors que Louis n’est encore âgé que de treize ans.

Le roi confia l'administration de son cabinet des médailles à des hommes de haut niveau littéraire et intellectuel, tels que Pierre de Carcavi, qui fut ami de Pascal, de Fermat ou de Huygens. La collection royale s'accroît d'abord par l'achat de collections complètes telles que celles de Loménie de Brienne, de Huet ou d'Alexandre de Sève (acquise vers 1662). Parallèlement à cette politique d'acquisitions tous azimuts, le roi envoie des émissaires en Italie et en Méditerranée Orientale pour collecter tout ce qui pourrait enrichir la collection royale : des ouvrages manuscrits ou imprimés, des oeuvres d'art, et, naturellement, des monnaies. Parmi ces émissaires royaux, on compte Jean-Foi Vaillant, dont voici le parcours.

Dernière mise à jour : ( 04-01-2010 )
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François Leblanc (mort en 1698)
(3 votes)

Leblanc (François), numismate français, né en Dauphiné, mort à Versailles, en 1698. Possédant une fortune considérable, et ayant besoin d'une occupation suivie pour se distraire de sa mélancolie habituelle il se livra par goût à l'étude des médailles, et en forma une belle collection.

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Henry Cohen (1806-1880)
(1 vote)

Henry Cohen (allocution prononcée sur la tombe de M. Henry Cohen, à Bry-sur-Marne (Seine), le mercredi 19 mai 1880, par M. Chabouillet.

La mort ne se lasse pas de frapper la Bibliothèque Nationale. Il n'y a pas un mois nous conduisions à sa dernière demeure l'un des conservateurs du département des imprimés si cruellement éprouvés depuis quelques années, et, pour ne parler que de celui des Médailles, le 13 mars 1878, j'adressais à Saint-Mandé un dernier adieu à l'un de mes collaborateurs, à mon jeune et savant ami Camille de la Berge; et voici qu'après deux ans à peine je me retrouve au bord d'une tombe qui s'ouvre pour un des soldats de la phalange, pourtant si peu nombreuse, dont j'ai l'honneur d'être le chef.

Hélas ! c'est ainsi ! La destinée n'épargne pas la douleur renaissante de voir tomber les meilleurs compagnons de route à ceux qu'elle n'arrête pas dès le commencement du voyage.

M. Henry Cohen, qui vient de succomber ici, le lundi 17 mai 1880, était né à Amsterdam le 21 avril 1806. Il ne nous quitte donc pas aussi prématurément que Camille de la Berge; mais l'ardente activité de M. Cohen empêchait de compter les années qui s'accumulaient sur sa tête, et nous donnait l'espoir de le conserver encore longtemps parmi nous.

Cependant, tout à coup, de funestes symptômes se révélèrent et nous apprirent que cette santé, en apparence si vigoureuse, était ébranlée. Au mois de novembre dernier, M. Cohen fut atteint d'une paralysie de la mains droite. Quelques heures après cette attaque, M. Cohen se rendait seul, à pied, au Cabinet des Médailles.

Avec la plus philosophique simplicité, il nous faisait part de cet "accident", et, montrant sa main presque inerte, nous disait que son médecin espérait lui rendre le mouvement et l'élasticité, mais qu'en attendant il s'étudierait à écrire de la mains gauche.
Puis il trouvait un sourire pour se plaindre d'avoir éprouvé en chemin un autre accident, - il avait été renversé par une voiture, - et, sans plus de discours, allait stoïquement s'asseoir à son bureau, où, l'instant même, il adressait à un ami une lettre péniblement écrite de la main gauche !

Depuis cette journée fatale, malgré les soins dont il fut entouré par madame Morin, son excellente fille, ainsi que par M. Morin, son gendre, qui fut pour lui un fils, M. Cohen n'a jamais retrouvé la santé.

Le 6 du mois de janvier de cette année, il faillit succomber à une première attaque d'une autre maladie (le catarrhe suffoquant); à peine se rétablissait-il, que des crises nouvelles venaient l'abattre de nouveau. La robuste constitution de M. Cohen était minée; mais avec un courage qui ne se démentit pas un instant, dès qu'il parvenait des souffrances qui ne le terrassèrent qu'après des assauts répétes, il revenait au Cabinet des médailles, où il étonnait collègues et visiteurs par sa résignation à un dénouement qu'il savait prochain, ainsi que par la présence de son esprit et la persistance de sa mémoire numismatique.
Samedi dernier, M. Cohen paraissait encore au Cabinet des médailles : il venait nous dire adieu, au moment de partir pour Bry, où les médecins l'envoyaient chercher, sinon la guérison, au moins le repos auprès de ses enfants. Hélas ! il ne devait pas en revenir ! M. Cohen a succombé le 17 mai 1880.

Je ne sais presque rien de M. Cohen avant l'époque où il commença à fréquenter le Cabinet des Médailles, comme amateur, c'es-à-dire plusieurs années avant la publication de son livre sur les monnaies consulaires, lequel date de 1857. Je sais seulement qu'il tenait de sa famille une fortune qui lui assura d'abord l'indépendance.

Doué d'aptitudes très diverses, M. Cohen avait des goûts variés. Bibliophile, il se fit une bibliothèque de bons et beaux livres; minéralogiste, il rassemblait des pierres rares; numismatiste, il collectionnait les monnaies romaines, surtout les consulaires; musicien passionné, il n'était pas seulement remarquable exécutant, c'était un compositeur et un savant théoricien. Vers 1834, M. Cohen faisait jouer, à Naples, un opéra, "l'Impératrice"; à Paris et à Londres, des scènes lyriques et des romances qu'il chantait souvent lui-même dans les salons, et on lui doit un excellent recueil de fugues et de savants traités d'harmonie et de contrepoint, où les juges compétents s'accordent à reconnaître des qualités de premier ordre, celles que nous retrouvons chez le numismatiste : la clarté dans l'exposition des principes et des règles, de la nouveauté et de la justesse dans les idées. Je constate le succès, qui dure encore, des ouvrages de M. Cohen sur la musique; je ne songe pas à en donner la moindre idée à ceux qui m'écoutent. D'autres apprécieront M. Cohen musicien, M. Cohen bibliophile, auteur du "Guide de l'amateur de livres à vignettes du XVIIIème siècle", dont la 4ème édition paraissait la veille de sa mort; je dois me borner à parler de M. Cohen numismatiste, de celui qui, pendant plus de vingt années, fut mon collaborateur au Cabinet des médailles.

En numismatique, surtout au point de vue pratique, M. Cohen était un maître; aussi, lorsqu'en 1859, des revers vinrent le contraindre à renoncer à ses collections et à demander à un travail rémunéré les ressources qui lui faisaient défaut, s'empressa-t-on de lui ouvrir les portes du Cabinet des Médailles.

Malheureusement, par suite des prescriptions du règlement et des nécessités budgétaires,, M. Cohen, qui commença par l'emploi trop modeste de surnuméraire, ne franchit pax aussi rapidement que tout le monde l'aurait voulu, les degrés qui le séparaient du grade de bibliothécaire, auquel il ne parvint qu'en 1875. Dès les premiers mois de l'année 1859, qui le vit entrer au Cabinet national, M. Cohen avait fait paraître le premier volume du second de ses grands ouvrages, sa "Description des médailles impériales", dont le deuxième porte la même date. On le voit, ces publications suivirent de près son ouvrage sur les "Médailles consulaires" (voici les titres in extenso de ces deux excellent vademacum : 1° "Description générale des monnaies de la République romaine, communémznt appelées Médailles consulaires", par Henry Cohen (1 vol. in-4 avec planches, Paris, 1857); 2° "Description historique des Monnaies frappées sous l'Empire romain, communément appelées Médailles impériales, par Henry Cohen (7 volumes, in-8, publiés : t. 1 et 2 en 1859; t 3 et 4 en 1860, tome 5 en 1861, t. 6 en 1862; enfin, en 1868 le t. 7 ou supplément).

Deux pensées avaient engagé M. Cohen à composer ces grands ouvrages : s'il avait voulu être utile aux amateurs, ses confrères, il avait eu aussi l'ambition d'élever un monument à Rome antique. M. Cohen aurait pu prendre le surnom d'ami des Romains que nous lisons sur les monnaies de plusieurs rois grecs de l'Asie; il avait presque un culte pour le Peuple-Roi, dont la littérature le charmait, dont il préconisait les lois et les moeurs, parfois avec une partialité dont nous lui faisions la guerre, mais qu'il défendait avec conviction et non sans originalité.

On peut le dire, M. Cohen a atteint le double but qu'il avait poursuivi. D'ailleurs, sincèrement modeste, c'est lui-même qui, dans la préface de ses "Médailles consulaires", déclare n'avoir pas songé à lutter de science avec les grands numismatistes du passé, Vaillant, Patin, Eckhel, et avour simplement la prétention qu'il espérait justifier, "de donner un ouvrage plus exact, sous le rapport de l'intégrité des inscriptions et et de l'authenticité des pièces, que tous ceux qui existent" ("Médailles consulaires", préface, page première). Cette prétention, M. Cohen l'a pleinement justifiée dans ses ouvrages; il l'a même dépassée.
S'il ne fut pas supérieur à Eckhel, si le rédacteur de simples répertoires, si parfaits qu'ils soient, ne peut être comparé à l'auteur de la "Doctrina numorum veterum", à celui qu'il nommait lui-même "le grand législateur de la numismatique ancienne" (Parlant du principal des livres d'Eckhel, M. Cohen s'exprimait ainsi : "... l'immortel "Doctrina nummorum veterum" du grand législateur de la numismatique ancienne, Eckhel...." (voyez "Description des médailles impériales", préface, page II de la première édition), M. Cohen a laissé loin derrière lui la plupart des numismatistes du siècle dernier, et s'est placé dans les premiers rangs parmi ceux du nôtre.

Ce n'est pas le moment d'analyser les ouvrages qui apprirent le nom d'Henry Cohen à l'Europe érudite. Je n'essaierai même pas de donner une idée des difficultés qu'il y avait à vaincre, des qualités, rares ay degré où M. Cohen les possédait, qu'il fallait réunir pour composer d'aussi vastes répertoires, pour les faire aussi complets que possible, et en même temps leur imprimer le cachet d'une incomparable exactitude.

Malgré sa modestie, qui, je le répète, n'était pas feinte, M. Cohen n'ignorait pas l'importance des services qu'il avait rendus; et après tout, les suffrages de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, qui le couronnait en 1862, lui auraient révélé son mérite s'il s'était absolument ignoré lui-même. Non, il savait bien que tout le monde n'aurait pu faire comme lui ses deux grands ouvrages.

"Dût-on me taxer d'outrecuidance", écrivait-il dans cette préface de ses "Médailles consulaires" que je viens de citer, "je dirai que, s'il est difficile d'écrire un livre de numismatique savant, il l'est peut-être plus encore d'en faire un très exact".

Je dirai, moi, qu'il n'y a pas que l'exactitude à louer dans les ouvrages de M. Cohen. La simplicité du plan, la méthode, la clarté, en font des conseillers que l'on ne trouve, pour ainsi dire, jamais en défaut. Et lorsqu'on pense que le volume des "Médailles consulaires" comprend 360 pages in-4°, que les sept volumes des "Médailles impériales" en comprennent 4000, que dans ces innombrables descriptions, où rien d'essentiel n'est omis, il n'y a pas un mot inutile, que, comme il l'avait annoncé, les légendes sont reproduites avec la plus scrupuleuse exactitude, que la patience de l'auteur ne lui a jamais fait défaut, on reste confondu !

Un autre mérite de M. Cohen, et celui-ci est des plus considérables, c'est que, de l'aveu général, on peut s'en rapporter à lui, à l'égard de l'authenticité des médailles admises dans ses ouvrages.

Grand admirateur de l'art antique, doué d'étonnantes facultés de travail, d'un tact des plus délicats, de ce tact qui ne s'acquiert pas, dont on ne peut même pas approcher si l'on commence tard à s'occuper de numismatique, M. Cohen avait perfectionné les dons qu'il devait à la nature par l'étude des procédés de la fabrication monétaire et par une longue pratique des monuments numismatiques. Mais ce n'était pas seulement le tact, la sûreté et la rapidité du coup d'oeil qui surprenaient chez M. Cohen; sa mémoire numismatique était prodigieuse, et c'était l'un des grands secrets de sa supériorité.

On ne dira pas, cependant, qu'il ne se glissa jamais une inexactitude dans ses descriptions, une erreur dans ses explications. Où est l'homme dont on pourrait dire : "Il ne s'est jamais trompé" ? Ce que l'on peut dire de M. Cohen, c'est qu'il fut de ceux qui se trompent très rarement, c'est que ses livres qui, à bon droit, font autorité, c'est que ses articles trop peu nombreux de la "Revue Numismatique" ("Essai sur la véritable prononciation du latin, d'après les médailles antiques", année 1854, p. 293 à 304); "Notice sur sept médailles romaines", année 1860, p. 359 à 363; "De la numismatique de Pescennius Niger", année 1867, p. 432 à 445), ont largement contribué aux progrès de la numismatique romaine, et, par là, à ceux de l'histoire de Rome sous les consuls et sous les empereurs.

Le culte de M. Cohen pour Rome et la numismatique romaine, pour grand qu'il fut, n'était pas exclusif. S'il n'a pas fait pour la Grèce ce qu'il fit avec tant de succès pour Rome, ce n'est pas qu'il n'y eut jamais songé, et il est à regretter que le temps lui ait manqué pour accomplir certains projets dont il m'avait souvent entretenu. Il s'en serait certainement tiré à son honneur, car il connaissait et appréciait aussi bien les médailles de la Grèce que celles de Rome. Les médailles gauloises et les monnaies du moyen âge sont peut-être les seules grandes séries qui ne répondaient ni à sa prédilection pour l'art classique, ni à ses idées d'humaniste de la vieille roche; mais il était trop avisé pour en nier l'importance historique.

A toutes les qualités que je viens d'énumérer, M. Cohen en joignait une autre, la première chez nous. Il n'aimait pas seulement la numismatique, il aimait notre cher Cabinet ! C'est avec un patriotique orgueil qu'il y voyait s'accumuler les trésors dus à la munificence de l'Etat et aux dons d'amateurs, comme Proper Dupré, le duc de Luynes, le vicomte de Janzé, le commandant Opperman, le baron d'ailly. Et ce qu'il ne faut pas oublier, malgré le nombre et la diversité des occupations qui remplirent sa vie, jamais M. Cohen n'oublia ses devoirs envers l'Etat, et notre inventaire, dont plusieurs volumes écrits de sa mains, témoigne du zèle avec lequel il s'acquittait de ses devoirs de fonctionnaire.

Hélas ! cet excellent collaborateur n'est plus ! Il n'assistera plus à nos intimes délibérations; il ne terminera pas cette seconde édition de ses "Médailles impériales", dont le tome premier, à peine distribué porte le millésime de l'année qui le vit mourir !
Les mortels vivent-ils jamais assez pour voir l'accomplissement de leurs projets ? Sera-t-elle même achevée par un autre, cette seconde édition ? Il y a tout lieu de l'espérer. On en trouvera les éléments dans ses papiers et sur les marges de son exemplaire; mais il en serait autrement, on ne l'achèverait pas, cette seconde édition, on ne publierait pas non plus celle de ses "Médailles consulaires" à laquelle on pendait et dont il parlait parfois, que ces deux ouvrages, tels qu'il les a laissés, suffiraient à faire vivre son nom aussi longtemps qu'il y aura des historiens et des archéologues.

Parmi nous, au Cabinet des médailles, le souvenir de Henry Cohen sera toujours vivant. Nous n'ouvrirons jamais un de ses livres, nous ne reconnaîtrons jamais sa fine et nette écriture sur nos registres, sans une pensée de regret pour le précieux collaborateur, pour l'homme de bonne compagnie, l'homme au commerce faicle et sûr, avec qui nous avons passé tant d'années !

Qu'il repose en paix, l'infatigable travailleur !

A. Chabouillet
Dernière mise à jour : ( 02-09-2008 )
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